Le Devoir: La générosité de coeur de Jordan de Souza

Jordan de Souza with testimonial text

Christophe Huss

Si vous n’avez rien de prévu ce jeudi matin à 10 h 30, allez donc écouter un peu de musique ! Le chef canadien Jordan de Souza a effectué des débuts très convaincants à l’OSM, mercredi soir, dans un programme diversifié et remarquable redonné ce jeudi à la Maison symphonique.

Cela n’a l’air de rien. Mais c’est peu ordinaire. À vrai dire, nous n’aurions jamais imaginé avoir le privilège d’entendre à nouveau un Mozart pareil en concert avant notre mort. Cette 31e Symphonie hors du temps fut littéralement hallucinante, comme si Karl Böhm et Rudolf Kempe revenaient sur terre, se donnaient la main et fusionnaient en un esprit.

Le pire, c’est qu’il faudrait presque se justifier d’aimer cela et, à tout le moins, expliquer que « Karl Böhm » dans Mozart ce n’est pas un concept péjoratif. « Karl Böhm », cela ne veut pas dire lourd. Cela veut dire élégant, distingué. Et Rudolf Kempe ? Lisible, transparent et équilibré. Des trompettes qui s’intègrent parfaitement dans le tissu orchestral (I), les alliances sonores cors et flûtes optimales (II), des contrechants limpides.

La fusion spirituelle de tout cela ? Une sorte de bonheur extatique amoureux de la musique dont le miracle tient au fait que tout est relax alors que l’obsession, depuis plus de 3 décennies, de la « justesse historique » en tendant les tempos et crispant les phrasés a fait de Mozart un stressé à l’image de notre monde.

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